Ce 26 mai 2019, comme tous les autres, notre village a voté pour élire les députés Français au parlement européen. Pas moins de 34 listes s’affrontaient, dont une bonne partie profitant essentiellement de la couverture par les médias nationaux pour diffuser à large échelle les causes qu’elles défendaient.

Quels ont été les résultats ?

Tout d’abord une bien meilleure participation par rapport aux précédentes élections européenne de 2014 : en 2019, 2294 Flinois sont venus voter à comparer aux 1952 qui s’étaient déplacés la dernière fois. Les Flinois, tout comme les Français, se sont sans doute aperçu que l’Union Européenne avait une grande influence sur leur vie quotidienne et que bouder les urnes n’était pas une solution. Leur avis compte. Peut-être se sont-ils sentis plus mobilisés pour l’écologie (ce qui est positif) ou plutôt pour « enfoncer le clou contre Macron » (ce qui est stérile et hors sujet) ?

Comment ont voté les Flinois, à scrutin européen semblable, en 2019 par rapport à 2014 ?

-       La Gauche modérée (Socialistes, Les Verts, Urgence écologie et Hamon) (436 voix en 2019 pour 223) est en forte progression grâce au décollage fulgurant des écologistes, le score des Socialistes étant étale ;

-       La Droite modérée (Les Républicains et UDI) s’effondre totalement (179 voix contre 495) ;

-       L’extrême Gauche (Communistes, Insoumis, Lutte ouvrière) baisse un peu (205 voix contre 276) ;

-       L’extrême Droite (Front National, UPR et Debout la France) continue à engranger, tirée surtout par le FN (831 voix pour 755) ;

-       Le centre (LREM) fait petitement son trou : 410 voix.

Prenons un peu de champ en observant les premiers tours des élections qui se sont déroulées à Flines depuis 2014. Bien sûr les chiffres ne sont pas totalement comparables car les enjeux sont différents, mais les grandes tendances sont quand même indicatives

L’extrême droite à Flines a culminé à 1377 suffrages au premier tour de la présidentielle de 2017, soit plus de 30% des inscrits ce qui est considérable, tandis que l’extrême Gauche, qui était (en apparence) à 1760 voix lors des Municipales de 2014, est tombée à 205 voix lors des Européennes en passant par 407 voix au premier tour des législatives 2017. Le score flatteur des Municipales est donc en trompe-l’œil : la majorité des Flinois n’est ni communiste, ni insoumise !

La Droite modérée a culminé à 904 voix aux municipales de 2014 puis résisté à 620 voix lors du premier tour des Régionales 2015 et échoue à 179 en 2019. La trajectoire de la Gauche modérée n’est guère plus enviable : cumul à 666 voix au premier tour des régionales 2015 pour finir à 436 voix en 2019.

Les municipales de 2014 étaient particulières en ce sens que la mairesse était encore novice à cette fonction (puisqu’elle n’avait que deux ans d’ancienneté) et bénéficiait de la bonne dynamique de ses prédécesseurs (MM Henno et Lemaire) Elle avait su également renouveler son équipe grâce à un bon marketing pour attirer des talents. Tous les électeurs-consommateurs savent que : les promesses publicitaires, c’est alléchant, mais encore faut-il  que le produit tienne les engagements et que le service après-vente (SAV) suive…sinon gare aux déceptions !

Depuis 2014 l’extrême Droite n’arrête pas de monter à Flines, tandis que l’extrême Gauche, quand elle s'engage sous ses couleurs et hors Municipales, stagne élections après élections autour de 300 voix.

La mairesse reste fidèle à ses convictions, on ne peut pas lui faire ce reproche. Vaille que vaille elle continue à appeler à voter pour les candidats communistes aux diverses élections, parraine (discrètement) Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2017, vote sans faille les résolutions de son groupe communiste à Douaisis-Agglo. Elle assène d'un ton frofessoral la propagande de l’extrême gauche lors de ses discours des vœux (cf. billet « Cérémonie des vœux 2019 ») et développe ses arguments « enfumés » dans ses très rares interventions dans la Presse (cf. billet « Scoop sur un non évènement »). Les résultats des scrutins récents démontrent que les chevaux choisis sont hors course et que "les jouer gagnants" relève plus de la foi que de la raison.

Ce faisant, elle joue un jeu dangereux. Comme relaté dans le billet « Les masques tombent » à propos du « droit d’expression de la liste majoritaire dans Flines’Info » où elle déclarait : «…/… Ces colères, Monsieur le Président, ces colères des victimes de la raréfaction des services publics, du chômage, des salaires et de pensions toujours plus faibles et menacées dans leur quotidien par l’augmentation continue du coût de la vie, ces colères, il faudra les entendre car il s’est forgé, avec ce mouvement social une expérience civique nouvelle qui peut être riche du meilleur ou lourde du pire »

Il faut relier ces menaces sous-jacentes au contexte de l’érosion de l’extrême gauche flinoise et de la montée de l’audience de l’extrême droite. Le mouvement des Gilets Jaunes s’essouffle mais par contre Le Pen sème ses idées et moissonne. La porosité entre Gilets-Jaunes et Rassemblement National n’est plus à démontrer (cf. l’article « Les gilets de Sin » ont voulu sanctionner Macron dans la Voix du Nord édition du Douaisis ce 28 mai)

Vu l’audience constante de l’extrême droite à Flines, si un apprenti cuisinier mijote une liste extrémiste pour 2020, il faudrait un bilan sans casseroles pour espérer se maintenir au-delà du demi-siècle de gouvernance.