Dimanche 8 décembre, la Musique municipale de Flines-lez-Raches a donné son traditionnel concert de la Sainte Cécile dans un contexte et avec un éclat particulier. Il s’agissait en effet de fêter dignement les 140 ans de la formation.

Dans la Voix du Nord du 8 décembre, un historique assez complet était dressé pour l’occasion permettant d’apprendre qu’une formation appelée « L’avenir musical de Flines » fut créée en 1879 mais connut une scission en 1926 (c’est assez fréquent dans les associations à Flines !) avec la création d’une musique municipale. Les deux organisations coexistèrent jusqu’en 1944

Un événement tragique les rapprocha. Un groupe de 14 résistants Flinois (dont deux musiciens) ayant été massacré près de Templeuve le 2 septembre 1944 en attaquant une colonne allemande qui se repliait, il se trouva « qu’aucune des deux formations n’était en mesure d’assurer une participation à la messe d’enterrement….La rencontre de deux émissaires… a facilité le regroupement des musiciens présents dans la localité pour assurer ensemble l’hommage aux disparus »

Ce dimanche, sous la direction du jeune chef Stéphane Coquet, la musique municipale nous régala avec talent d’une de ces prestations dont elle a le secret. Stéphane Coquet, malgré son jeune âge, est d’une élégance rare : pour célébrer dignement cet anniversaire il avait préparé une surprise et commandé à titre personnel une œuvre originale au compositeur Thierry Deleruyelle. Ce compositeur, chef d'orchestre et percussionniste français, diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, travaille avec des artistes de renom et ses œuvres sont jouées internationalement.

La Musique municipale de Flines eut ainsi le privilège peu commun de créer une œuvre originale de fort belle facture. Cette pièce en trois mouvements, intitulée « Le seigneur du lac », illustre une légende flinoise contant la disparition d’un vilain seigneur englouti avec son château dans la Mer de Flines. Une œuvre musicale spécifique à Flines existe maintenant. Pour l’anecdote, cet anniversaire était également l’occasion pour les musiciens d’étrenner une toute nouvelle tenue, très seyante.

La deuxième partie du concert fut également assez exceptionnelle. En plus de la direction de la musique de Flines, Stéphane Coquet est aussi instrumentiste dans le Douai Brass Band, formation renommée puisque 4 fois championne de France en catégorie Excellence. Ces formations de cuivres et percussions excluent trompettes et cors mais comportent obligatoirement des cornets à piston, un bugle, des saxhorns, des euphoniums, des trombones et des tubas.

Avec une maîtrise exceptionnelle démontrant que ses titres de champions de France ne sont pas usurpés, le Douai Brass Band nous gratifia de morceaux de genres variés : classique, jazz, musique des Balkans, opérette,…

Quel beau concert de Sainte Cécile.

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Sans rapport, mais clin d’œil à l’actualité du jour vue dans la Voix du Nord.

Sur une page de gauche on peut lire que le Haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye est suspecté de conflit d’intérêts puisqu’il était administrateur de l’Institut de formation de la profession de l’assurance, nommé à ce poste par le groupe de formation IGS, fédération d’associations indépendantes à but non lucratif. Il a démissionné de ce poste d’administrateur et, dans la foulée, démissionné également de ce groupe de formation suite à une question du député de La France Insoumise Adrien Quatennens concernant un potentiel conflit d’intérêts.

Sur la page de droite en regard, consacrée aux manifestations de mardi à Paris, on lit que « Il faut le retrait juge le député LFI du Nord Adrien Quatennens. On a bien compris que les annonces d’Edouard Philippe serviront à savoir quelle quantité d’eau il faut dans le verre pour faire passer la pilule »

Rappelons la définition de conflit d’intérêts : une situation de conflit d'intérêts apparaît quand un individu ou une organisation doit gérer plusieurs liens d'intérêts qui s'opposent, dont au moins l'un d'eux pourrait corrompre la motivation à agir sur les autres, ou au moins donner cette impression.

Rappelons qu’à titre professionnel Adrien Quatennens cotisait pour sa retraite au « Régime spécial d'assurance vieillesse, invalidité, décès, accidents du travail et maladies professionnelles des industries électriques et gazière », son employeur étant Enedis et qu’au titre actuel de parlementaire il cotise au « régime autonome de retraite des députés de l’Assemblée nationale »  Il apparaît évident que Monsieur Quatennens à un intérêt personnel fort à ce que l’on ne modifie en aucune façon ce régime spécial et ce régime autonome. Sa farouche opposition à la réforme des retraites peut malheureusement être interrogée par ce conflit d’intérêt. Aura-t-il l’élégance de démissionner d’Enedis ?