Liberté ou égoïsme (suite)
Au mois d’août, la quatrième vague du COVID-19 m’avait incité à produire un premier billet sur l’antagonisme liberté – égoïsme notamment en réaction à la situation aux Antilles. Dans ce territoire ultra marin, la pandémie flambait avec un taux de vaccination ridiculement bas.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, voici quelques réflexions inspirées par la cinquième vague qui déferle actuellement sur nos têtes.
Quelques mots sur les Antilles où la vaccination obligatoire des soignants et des pompiers a mis le feu à la Guadeloupe et à la Martinique et où la situation est quasi insurrectionnelle. En fait, le rejet de cette obligation est largement un prétexte en Guadeloupe : la quasi-totalité des soignants guadeloupéens (avec des pointes à 100% dans certains établissements) est vaccinée. En Martinique, la situation est plus contrastée. Parmi les propositions du gouvernement pour vaincre les réticences des soignants irréductibles, figure la fourniture d’un vaccin « traditionnel » c’est-à-dire non obtenu à partir de la technologie de l’ARN messager. Cela confirme cette information, seulement relayée par un éditorialiste politique de France Inter : derrière le refus des vaccins à ARN messager se cachent de fortes réticences religieuses. Les Antilles sont très religieuses et le catholicisme côtoie les églises évangéliques de tendance pentecôtiste, les Adventistes du septième jour, les Témoins de Jéhovah, les Mormons ainsi que des religions non chrétiennes telles l’hindouisme, le mahikari japonais, l’islam... Il semblerait que l’utilisation de l’ARN messager en injection serait assimilée à une pratique sulfureuse par certains responsables des cultes.
Pour la Métropole, le journal Le Monde a donné la parole le 1er décembre aux soignants de l’hôpital de Colmar qui sont déjà englués dans la cinquième vague et doivent renoncer à leurs repos et congés
Un soignant dit : « On est tous en colère », à propos de ces patients non vaccinés, qui représentent la quasi-totalité – quatorze sur seize – des admis dans les services de réanimation du centre hospitalier.
Pour lui comme pour ses collègues, ce sont des hospitalisations évitables, la promesse de séquelles à la sortie, des places prises à d’autres patients, des drames à vivre pour les familles. »
Une autre ajoute : « Ils ruinent leur vie alors qu’on leur propose des solutions pour s’en sortir », « on en a ras le bol », « on est en train d’épuiser tout le système de santé, on a l’impression de revenir deux ans en arrière ».
De nouvelles histoires viennent s’ajouter, avec cette vague bien particulière. Comme ce patient hospitalisé d’une trentaine d’années, qui avait un faux passe sanitaire. Tout le monde s’est étonné de son état et a cherché à comprendre comment il pouvait développer une forme si grave, avant de découvrir son mensonge.
Une troisième enchaîne : « Pour nous, c’est compliqué moralement », Ces dernières semaines, elle a eu plusieurs patients « qui regrettaient de ne pas s’être fait vacciner et qui sont décédés ». « Je l’ai vécu trois fois… avoir quelqu’un qui va mourir et qui vous dit ça… », lâche-t-elle sans finir sa phrase.
Heureusement que certain arrive à garder un peu d’humour. « La docteure Kasarra Ben Hammouda discute calmement de vaccination avec l’un des deux patients malades du Covid-19. Un homme de 48 ans n’est « pas convaincu par les vaccins à ARN ». « J’adore les gens très pointus sur un domaine qui ne les concerne pas », dit-elle en souriant, »
La pseudo liberté individuelle (et le réel égoïsme) des antivax est décidément un terrible problème pour la majorité de Français qui se soucie du bien-être collectif et prend les décisions nécessaires à son maintien.
Il faudrait rendre obligatoire la lecture de témoignages de soignants tels ceux de Colmar à tous ces fervents « défenseurs de leur liberté de ne pas se faire vacciner »