Le conseil d’analyse économique est une instance pluraliste composée d’économistes professionnels reconnus et de sensibilités diverses. Il comporte des membres nommés à titre personnel pour leurs travaux de recherche en économie et des correspondants venant plutôt du secteur économique des entreprises. Ils ne perçoivent aucune rémunération pour leur participation au Conseil. Il réalise, en toute indépendance, des analyses économiques pour le gouvernement et les rend publiques.

La note 55 du CAE porte sur l’analyse des déterminants locaux  d’une partie de la population qui pourraient être des causes du mouvement des Gilets jaunes.

Cinq caractéristiques de la  vie locale ont été passées au crible : l’emploi, la fiscalité locale, les équipements privés et publics, l’immobilier et le lien associatif. La mobilisation des gilets jaunes a été assise sur les données issues des préfectures et du site www.gilets-jaunes.com de novembre et décembre 2018. Il s’agit de la période des précurseurs, dispersés sur le territoire et pas encore coagulés dans un grand mouvement disparate.

Sans surprise, c’est le taux d’emploi et surtout sa variation récente qui est le facteur prépondérant

Des corrélations sont observées entre participation aux Gilets jaunes et insatisfaction dans la vie et pessimiste. Le mécontentement est corrélé à la variation du taux d’emploi L’insatisfaction et l’anxiété des individus décroissent en raison inverse de l’augmentation du revenu médian de la commune : résider dans une commune plus « riche » est associé à une anxiété individuelle plus faible.

Plus étonnant, les communes qui ont perdu un commerce alimentaire (par exemple la dernière supérette) sont les plus susceptibles d’avoir connu un événement Gilets jaunes. La même incidence vaut également pour les équipements de santé.

Une des conclusions de la note est qu’un des enjeux de politique publique est d’identifier la façon la plus efficace de soutenir l’emploi là où les gens résident et de faciliter l’accès aux services publics, aux services de proximité et aux lieux de socialisation.

A la marge on peut s’interroger sur le cercle vicieux constitué par la focalisation sur l’augmentation du pouvoir d’achat des Gilets jaunes qui a dû les inciter à privilégier les achats sur internet pour bénéficier de prix moindres, ce qui accélère le déclin et la disparition des commerces de proximité qui induisent à leur tour la disparition de certains emplois locaux  et l’insatisfaction des villageois, ce qui peut les conforter à rester Gilets jaunes.