La Voix du Nord du 31 octobre poursuit sa série et fait enfin le bilan du maire de Flines-lez-Raches.

Deux petits rectificatifs de forme pour commencer.

Le titre « Pour son premier mandat… », doit être précisé : il s’agit du premier mandat complet, Mme Goupil ayant succédé au maire en place deux ans avant la fin de la mandature précédente et étant  première adjointe avant la démission du maire pour raison de santé.

De même, l’étiquette « Divers Gauche » revendiquée dans l’encadré « Repères » de l’article  paraît bien fade pour quelqu’un qui a parrainé (source : Le Journal Officiel) Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) pour les présidentielles de 2017 et figuré régulièrement sur les tracts de soutien pour les candidats communistes lors des élections intermédiaires ! Sur le site officiel www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales, le résultat des élections 2014  est d’ailleurs enregistré avec Mme Annie GOUPIL-DEREGNAUCOURT, liste Front de Gauche* [*Front de gauche : coalition de partis mise en place par le Parti Communiste (PCF), le Parti de Gauche (PG) et la Gauche unitaire (GU).]

Venons-en à l’examen critique du contenu de l’article

La nouvelle école Gérard Philippe.

Nul doute que l’ancienne était vétuste et qu’il fallait faire quelque chose. De plus, le midi, les élèves devaient se rendre, qui à la salle d’œuvre municipale transformée en cantine, qui au self-service du collège. Il fut choisi de construire une nouvelle école et un restaurant scolaire. L’investissement pour l’école maternelle et la cantine, de l’ordre de 3,5  million d’Euros, peu subventionné, a été financé surtout par l’emprunt. Une belle somme, mais pour un investissement d’avenir pourquoi pas ? Une nouvelle cantine était effectivement une bonne idée : hélas, le diable est dans les détails… de taille. Malgré une assistance Maîtrise d’ouvrage et un Bureau  de Contrôle, une énorme erreur a été commise par la municipalité : la cantine neuve est déjà trop petite pour la population scolaire actuelle !

Le besoin de logements aidés.

« Flines, avec 7,2% de logements sociaux accuse un sérieux retard [NB, la loi impose 20%] …pour le rattraper la municipalité est censée en créer 277 d’ici 2025 » Bien sûr la loi qui permettait d’arguer que le territoire de la CAD (Douaisis Agglo maintenant)  étant en déclin démographique, ses communes étaient dispensées du quota, a brutalement changé mais il faut remarquer deux choses : pourquoi sur le territoire de Douaisis Agglo seule Flines a été rattrapée par la patrouille et sommée de se mettre à niveau ? Les autres communes éligibles étaient aussi « protégées »  de l’application de la loi par le déclin démographique dans la CAD mais elles ont cependant construit des logements sociaux. Ce qui amène la deuxième interrogation, plus politique : depuis 1971, la municipalité est dirigée par des membres ou des sympathisants du Parti Communiste prônant schématiquement « La défense des travailleurs et des faibles contre le grand capital » Construire des logements à loyers accessibles paraît être un bon moyen de contribuer à cet idéal : pourquoi cela n’a-t-il pas été fait à Flines ?

La réhabilitation de l’ancien couvent.

« Libéré en 2002, le bâtiment était sérieusement en train de se dégrader » Il faut rétablir les faits. La congrégation (dont l’effectif s’était trop réduit pour permettre d’assurer l’entretien de cette vaste  propriété) ayant mis le couvent en vente, la municipalité se porta acquéreur via  un portage de 5 ans par l’Etablissement Public Foncier. Sans projet  préalable défini pour cette acquisition, le bâtiment fut délaissé, sans entretien ni minimum de chauffage. Quand la commune fut contrainte de le racheter il s’était déjà bien abîmé. Le début de la dégradation du couvent est la conséquence directe de l’inaction et de l’impréparation de la municipalité.

Pour la réhabilitation, deux projets concurrents étaient à arbitrer par la mairesse (NB : dans le permis de construire finalement déposé par l’attributaire  le projet a peut-être un peu évolué) :

-       un projet Rabot-Dutilleuil qui installait 27 logements sociaux dans une partie conservée du bâti du couvent, complétés dans le parc par un béguinage de 20 logements sociaux et une quarantaine de logements intermédiaires (logements à vocation sociale mais pour revenus plus élevés).  Moins d’une dizaine de  parcelles étaient destinées enfin à la vente

-       un projet Eiffage qui remodelait une grande partie du bâti ancien sur 4 niveaux pour créer 54 logements sociaux et  lotissait  le parc  en 28 parcelles à vendre.

C’est le projet Eiffage qui aura finalement les faveurs de la mairesse et qu’elle proposera au vote du conseil municipal. Le premier adjoint  qui était contre, démissionnera suite à ce vote.

Un projet de tiers-lieu.

L’affaire de l’ancien Café des sports rebondit : la mairesse annonce maintenant un « Tiers-lieu, sorte d’espace communautaire comprenant généralement des bureaux partagés » Pourtant dans le Flin’infos n°66 de mai 2019, une page entière consacrée à ce rachat surprise prévoyait que « Ça restera un café-brasserie, mais qui sera géré avec des valeurs solidaires et sociales. Il y aura une volonté de soutenir les producteurs locaux… » Un couple de repreneur semblait même intéressé...

Que comprendre ? Qu’encore une fois la municipalité s’est  précipitée pour acquérir un bâtiment sans avoir aucune idée de ce qu’elle pourrait en faire, comme le couvent jadis ?

Conclusions.

Les choix de la mairesse pour illustrer son bilan dans la Voix du Nord sont assez révélateurs d’une certaine vacuité.

-       Cantine : projet bien intentionné mais mal dimensionné (et jamais avoué : persiste et signe !)

-       Logements sociaux : erreur d’anticipation et choix historique persistant à rebours de la doctrine officielle.

-     Couvent : erreur initiale entraînant la dépréciation d’un bien acquis dans la précipitation, puis choix inexpliqué du "socialement plus mauvais" des deux projets pour la réhabilitation.

-       Café des Sports : flou sur la destination finale d’un bien acquis dans la précipitation (Bis repetita ?)

Que penser également du silence concernant les Finances flinoises ?  Dans la série d'articles de La Voix du Nord, les maires sont généralement plutôt prolixes sur leur gestion financière, vantant souvent un endettement zéro ou en forte diminution. De même, les Flinois et leurs besoins ne sont pas évoqués, pas mêmes les Aînés qui sont pourtant une cible choyée des Flin’Infos (parce qu’ils votent « bien » ?).

Il faut remarquer également la cruelle absence de mention de projets pour un prochain mandat. La gestion au jour le jour, ce que l’ancien maire Daniel Lemaire qualifiait de « Gestionnite », va continuer ?

On a l’impression que la mairesse n’y croit plus.