Dernière semaine de septembre, le Rassemblement Flinois a effectué une distribution toutes-boîtes d’un tract annonçant que son président, Jean-Michel Zabinski allait conduire pour la troisième fois une liste aux élections municipales du 15 mars 2020.

Dans son édition du 3 octobre, l’Observateur du Douaisis confirme l’information en publiant le compte rendu d'une rencontre avec Jean-Michel Zabinski.

J’encourage les Flinois à lire ces deux textes afin de connaître dans le détail les propos de Monsieur Zabinski.

Ce que j’en retiens pour ma part, et qui rejoint certains faits que j’ai mentionné au fil de divers billets sur ce blog, c’est l’analyse partagée que les finances locales se dégradent, qu’il n’y a pas de vision sur plusieurs années mais un pilotage réactif au jour le jour et que la démocratie participative n’a pas sa place à Flines (par exemple, le « Grand Débat » lancé par le président de la République a été qualifié "d’enfumage" par la mairesse).

La mairesse ayant appelé « Esprits chagrins » dans le Flin’Infos d’août ceux qui se permettaient déjà d’évoquer le prochain scrutin, (cf. billet « Des émules de Jupiter à Flines ? ») je suis curieux de voir comment elle va réagir à l’outrecuidance du Rassemblement Flinois qui persiste et signe en toutes-boîtes ainsi qu’à l’attitude de cette Presse locale toujours à l’affût d’un scoop pour «  vendre du papier ».

Plus sérieusement, un premier prétendant à la gestion de la commune se met en place et c’est très bien. Une campagne électorale sert d'abord à faire connaître un projet et éventuellement à mettre en évidence le contraste avec ce qui existe et qui ne semble pas satisfaisant. Un temps long est le bienvenu afin de pouvoir faire de la pédagogie, écouter et enrichir (pourquoi pas) le projet initial avec des bonnes idées des Flinois.

A ce stade, on est réduit aux conjectures sur les candidats futurs.

Au printemps La Voix du Nord avait fait le tour des édiles du Douaisis pour connaître leur intention de se représenter ou pas. La mairesse avait laissé entendre qu’elle avait encore des projets à mettre en place à Flines. Est-ce toujours d’actualité ? A la même époque Monique Parent, maire de Férin, avait déclaré renoncer. Cependant, dans la Voix du Nord  du  2 octobre elle annonce qu’elle rempile finalement pour candidater à un deuxième mandat. Un tel revirement est-il exclu à Flines ? Des rumeurs vont bon train.

De même des remous de stratégies nationales peuvent-ils se propager jusqu’à Flines ?

La République en Marche, en mal d’ancrage local, tentera-t-elle une percée à Flines ? L’idée avait été évoquée en son temps par la Presse et balayée par la mairesse dans des termes que l’on pourrait résumer en « Même pas peur ! »

Le Parti Socialiste essaie de se reconstruire en s’appuyant sur ce qui fait encore son ultime force : « ses élus locaux » Un « come-back » de conseillers municipaux  socialistes est-il possible à Flines ?

Le Parti Communiste est partie prenante à la mairie de Flines depuis 1971 avec des encartés ou des sympathisants revendiqués. Arrivera-t-il à fêter le cinquantième anniversaire de cette conquête en 2021 ?

La France Insoumise et le Rassemblement National semblent un peu outsider dans cette course, mais en est–on sûr ?

Enfin, les Verts ne sont toujours pas descendus de leur petit nuage suite aux dernières européennes et rêvent tout haut de conquête. A Flines, le terrain de la transition écologique est quasi en friche malgré une communication municipale qui tente de se verdir ces derniers mois. Les Ecolos doivent-ils commencer à labourer pour espérer récolter ?

En fait, toutes ces hypothèses sur les enjeux nationaux ne sont pas vraiment primordiales pour Flines, pas plus que dans la majorité des petites villes. Ce qui compte c’est le projet et la gestion quotidienne. Ce qu’a fait la majorité actuelle sur le dernier mandat peut (et va) être dénombré, disséqué, analysé et évalué. Les avancées, les manquements (mais aussi les erreurs éventuelles) pourront être soupesés. Il faudra ensuite comparer le projet nouveau de la majorité sortante (si elle  sollicite, et avec quelle équipe ?, sa reconduction), avec les projets des autres concurrents.

Sans attendre, Le Rassemblement Flinois a commencé à pointer des contrastes avec la gestion actuelle et esquissé des pistes nouvelles. C’est un bon début.

Seul en lice pour le moment, il va avoir beau jeu de dérouler sans contradiction, la majorité ne pouvant pas utiliser les moyens de la commune pour le contredire. Seule une équipe de futurs candidats de l’obédience majoritaire, avec des moyens propres et identifiés susceptibles de contrôle a posteriori des comptes de campagne, peut le faire.

En effet, une commune n’a pas le droit de financer une action de communication qui ferait campagne pour un candidat. Cette interdiction est très large et concerne également les actions de promotion des actions réalisées ou toutes communications sur la gestion locale qui pourraient avoir un impact électoral. Pour les candidats sortants, cela concerne aussi l’utilisation des moyens matériels de la commune pour la campagne électorale (voiture de fonction, téléphone, etc.) ainsi que le recours au personnel municipal. En outre, il est interdit à un candidat sortant de signer une tribune politique dans le bulletin municipal.

Les bulletins municipaux peuvent poursuivre leur parution, les cérémonies diverses (vœux, inaugurations, fêtes locales, etc.) peuvent toujours être organisées mais doivent conserver un contenu purement informatif sans référence à l’élection à venir, notamment à la candidature d’un élu local, à ses réalisations ou à ses projets. L’évènement doit par ailleurs avoir lieu conformément à sa périodicité habituelle et dans les conditions habituelles (ni avancé, ni retardé, ni particulièrement amplifié).

Enfin,  l’article L52-1 du Code électoral dispose que : « pendant les six mois précédant le premier jour du mois d'une élection et jusqu'à la date du tour de scrutin où celle-ci est acquise, l'utilisation à des fins de propagande électorale de tout procédé de publicité commerciale par la voie de la presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle est interdite.

A compter du premier jour du sixième mois précédant le mois au cours duquel il doit être procédé à des élections générales, aucune campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d'une collectivité ne peut être organisée sur le territoire des collectivités intéressées par le scrutin. »

Le premier tour des élections municipales est le 15 mars 2020. La période d’application de cet article du code électoral a donc commencé le 1er septembre 2019.