Définitions.

Sophisme : argument, raisonnement ayant l'apparence de la validité, de la vérité, mais en réalité faux et non concluant, avancé généralement avec mauvaise foi, pour tromper ou faire illusion.

 Philosophisme : Attitude intellectuelle ou forme de pensée qui repose sur l'usage de la raison, l'esprit de libre examen, et qui est considérée comme dangereuse pour la foi, la pratique religieuse, l'ordre établi.

 Philo-sophisme ; lire ci-dessous

 Ce début de juillet est marqué par les rebondissements touchant la publication des résultats du baccalauréat. Une poignée de correcteurs, menée par les professeurs de philosophie, a essayé par tous les moyens de perturber le déroulement du baccalauréat. D’abord en décidant la grève de la surveillance pendant les épreuves écrites.

Echec ! Le ministre a mis en alerte une armée de réservistes pour prendre le relais des surveillants désignés mais faisant faux bond au dernier moment, au cas où. Aucune épreuve n’a dû être annulée.

 Deuxième salve : certains correcteurs ont alors décidé de faire la grève de la restitution des notes en ne rendant pas les copies corrigées ou refusant de reporter leurs notes chiffrées dans les applications du rectorat. But, rendre impossible la tenue des jurys qui statuent sur l’obtention ou pas du diplôme faute d’avoir l’intégralité des notes. En conséquence, les candidats risquaient de ne pas connaître vendredi 5 juillet s’ils étaient admis, au repêchage ou recalés.

Pour lever le blocus, les correcteurs grévistes demandaient « simplement » à ce que le ministre suspende la réforme du baccalauréat et en négocie une nouvelle avec eux.

 Le ministre a pris l’engagement à ce que les résultats du baccalauréat soient bien publiés le 5 juillet, en prescrivant que les notes manquantes soient provisoirement remplacées par la note moyenne de l’élève dans la discipline durant l’année scolaire (contrôle continu). Lorsque le mouvement cessera et que la note de la composition sera disponible, la meilleure des deux notes sera retenue.

 Quels sont les risques ?

Un élève a mieux réussi pendant l’année scolaire que durant l’épreuve en juin. On conservera sa moyenne et ça l’avantagera. Petite prime à la régularité et chiquenaude au stress des examens.

 Un élève a fait une meilleure prestation en juin que durant toute l’année scolaire. Sa note de juin se substituera à sa moyenne. Petite prime au sursaut salvateur.

 Quelles sont les conséquences ?

Pour ceux qui sont admis dans les deux cas : pas de conséquence.

Pour ceux qui frôlent le 10 de moyenne nécessaire, il y a un petit risque d’être envoyé au rattrapage alors que le diplôme était dans la poche. Si les correcteurs cessent la rétention rapidement, ce risque peut être annulé tout aussi rapidement. La balle est dans le camp des grévistes.

Pour ceux qui frôlent la moyenne de 8, éliminatoire, le risque est d’être éliminé alors qu’ils auraient pu tenter l’oral de rattrapage. Ce cas concerne des élèves avec une moyenne basse en contrôle continu et qui auraient « cartonné » à l’examen. Possible, surtout pour des profils de gamins brillants mais fainéants et fumistes. Sans doute une toute petite minorité. La probabilité de décrocher quand même le bac en partant d’aussi bas est minime et conforte le profil évoqué.

 Pourquoi parler de « Sophisme » ?

 Tout d’abord, 700 correcteurs sur 175 000 n’ont pas rendu les notes soit 0,4% de l’ensemble. Il s’agit donc d’une minuscule minorité agissante qui a pris en otage 743 000 candidats.

 Surtout, ils fustigent depuis hier, à longueur d’articles dans la presse ou de reportages à la radio ou la télévision la « rupture d’égalité » engendrée par la prise en compte du contrôle continu pour certains et pas pour d’autres. Ils appellent les parents à former des recours pour ce motif.

 Mais qui a généré une « rupture d’égalité » initiale si ce ne sont les grévistes, qui se sont arrogés le privilège de décider que certains candidats auraient leurs notes et que d’autres seraient pris en otage par leur minorité agissante ?

 Ils veulent « contraindre le ministre Blanquer à renégocier la réforme » ; comprendre « abandonner tout ce qui leur déplait »

 La réforme du baccalauréat ne leur convient pas ? Tout le Monde Enseignant s’accorde à trouver que la formule actuelle ne correspond plus forcément aux besoins de l’époque et qu’elle est très coûteuse. Il fallait donc changer. Je ne suis pas compétent pour porter un jugement sur les changements opérés mais en tant que citoyen, je constate que les élèves Français régressent chaque année dans les classements internationaux, bien que le budget de l’Education Nationale soit le premier de la Nation (certains pourraient parler d’un « Pognon de dingue ! »). Il y a donc quelque chose qui ne va pas et il faut apporter des modifications.

 Sous couvert de défendre le niveau du baccalauréat et les élèves, les professeurs défendent aussi des revendications corporatistes.

 Dans le journal Le Monde du 26 juin, un certain Gabriel Perez, professeur de philosophie à Paris s’insurgeait à propos des réformes : « Quant aux titres qu’ils ont obtenus par concours et dont ils s’enorgueillissent, ceux-là ne vaudront plus grand-chose devant les armées de contractuels précaires qui viennent détruire leurs statuts ; enfin, l’introduction des dispositifs gestionnaires vient clore ce mirage de « serviteurs au service de l’Etat » : les voilà devenus des employés mis en concurrence, amenés à être sans cesse évalués par leur direction, les élèves et leurs parents »

 Les mots importants sont : « contractuels précaires qui viennent détruire leurs statuts » ; « Dispositifs gestionnaires », « Employés mis en concurrence,… évalués »

 Les candidats au baccalauréat 2019 ont donc été pris en otage également pour défendre le statut des enseignants et leur droit d’être inamovibles et inévaluables une fois titularisés !

Certains de nos professeurs de philosophie peuvent donc bien être soupçonnés de philo-sophisme (en deux mots, cf. définition en début de billet) !