Juillet commence et avec lui le rituel bien huilé des activités récurrentes à Flines. Il y a eu la traditionnelle kermesse des écoles publiques, organisée (plutôt bien) par l’Amicale Laïque avec un magnifique décor en fond de scène ainsi que la fête de la crèche des Minipouss.

Il y aura la ducasse et la brocante des Amis de Montreuil, le défilé puis la fête du centre de loisir d’été, avec au milieu la célébration de la Fête Nationale, encore des brocantes (CCAS, crèche des Minipouss, pêcheurs de la Touche Flinoise) qui nous amèneront doucement à la rentrée de septembre.

C’est peut-être le moment de faire une petite revue de presse, non pas des événements qui font la Une des grands journaux (coupe du monde de foot féminin, canicule, mise en scène Trump / Kim Jong-un,…) mais d’informations passées plus inaperçues qui ont néanmoins retenu mon attention.

Le 28 juin les sites en ligne du journal « Le Monde » et du magazine « Le Nouvel Obs. » ont publié de courts articles nous ramenant à l’affaire Benalla.

Souvenez-vous : le Sieur Benalla, un bien triste et ténébreux sire, s’était rendu coupable de faits anodins comme d’usurper la condition de policier pour molester des manifestants en marge du défilé du 1er mai 2018 et d’autres choses qui sont encore à l’instruction…

S’abritant derrière une prérogative réelle (contrôle de l’Exécutif) mais en distordant sa vocation constitutionnelle au maximum, la commission des lois du Sénat (à majorité Les Républicains) se transforma en « Mission d’information sur les conditions dans lesquelles des personnes n’appartenant pas aux forces de sécurité intérieure ont pu ou peuvent être associées à l’exercice de leurs missions de maintien de l’ordre et de protection de hautes personnalités et le régime des sanctions applicables en cas de manquements »

Il s’agissait en fait d’une basse opération de petite politique politicienne visant à entraver au maximum l’action du gouvernement (NB : en Français, « entraver » et « contrôler » n’ont pas le même sens !)

Le réquisitoire des sénateurs aboutit à 13 recommandations toutes plus contraignantes les unes que les autres et très limites quant à leur compatibilité avec la séparation entre pouvoir Exécutif et Législatif (cf. le billet « Gilet jaune : la tentation » du 20 février 2019.)

Les 26 membres du Bureau du Sénat, saisis de la question de l’opportunité de transmettre au procureur de la République (au titre de l’article 40 du code de procédure pénale) la suspicion de faux témoignage de certains des auditionnés, avaient décidé le faire le 21 mars 2019.

C’est ainsi que les noms d’Alexis Kholer (secrétaire général de l’Elysée), Patrick Strzoda (directeur de cabinet du président de la République) et du général Lionel Lavergne (chef du groupe de sécurité de la présidence) ont été transmis au procureur de la République de Paris aux fins d’enquête sur de présumés faux témoignages sous serment. Les noms d’Alexandre Benalla et Vincent Crase étaient également joints.

Le soufflé vient de retomber : d’après Le Monde et le Nouvel Obs, le parquet de Paris a annoncé jeudi 28 juin le classement sans suite partiel de la transmission du Bureau du Sénat : il n’y a pas eu de faux témoignage devant la commission d’enquête du Sénat de la part des trois collaborateurs du président de la République, ce qui aurait constitué un délit.

Il ne me semble pas avoir lu ou entendu quelque mot que ce soit de la part de Philippe Bas, zélé président Les Républicains de la commission d’enquête sénatoriale, ni de Patrick Kanner, président du groupe des sénateurs socialistes, tous deux forts présents dans les médias pendant les 6 mois de l’enquête ?

Le nouvelobs.fr ajoute : « L’heure est donc à la contre-attaque. Patrick Strzoda a l’intention de « demander des excuses à titre personnel » à Philippe Bas, président de la commission d’enquête au Sénat. Le haut fonctionnaire dit avoir vécu ses auditions au palais Bourbon comme des « moments de déshonneur »

Il faut retenir que cette mission d’information (j’allais écrire ce « tribunal inquisitorial », mais ce ne serait pas politiquement correct) a auditionné plus de 30 témoins (il est impossible de refuser une audition sous peine de poursuite) pendant 6 mois, à nos frais. Tout ça pour ça !!

Pour mémoire, article 40 du code de procédure pénale

Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs.

&&&&&&&&&

La Voix du Nord édition du Douaisis de dimanche 30 juin titre ; « Le député Bruneel passe une nuit aux urgences et juge la situation dramatique »

On y apprend que « le député communiste de la 16ème circonscription du Nord, vient de passer une nuit entière dans le service des urgences de Douai dans la nuit de vendredi à samedi. Après être entré « incognito » à 21h30 pour de supposés maux de vente… » « A 22h56 on m’installe dans un couloir dans la zone appelée « semi-lourd »… Je n’ai vu le médecin qu’à 3h25 du matin … J’ai vraiment fait le parcours du patient de A à Z, sans être privilégié… »

Sans contester le moins du monde les difficultés réelles des urgences ni la volonté du député Bruneel d’alerter de nouveau sur la situation de l’hôpital public (c’est une constante de son action de terrain), l‘article pose quand même question.

Comment le député a-t-il pu « entrer incognito » aux urgences de Dechy alors qu’il est un habitué des participations de soutien aux manifestations du personnel de ces urgences ? N’a-t-il pas été, au contraire, un peu aidé pour démontrer ce qu’il voulait démontrer ?

Pourquoi a-t-il choisi de monopoliser l’attention de réceptionnistes, d’infirmières et de médecins pour des symptômes simulés et d’alourdir ainsi inutilement leur charge de travail, alors qu’une partie de l’engorgement des urgences est due aux patients relevant de la médecine de ville pour de la « bobologie » Il a accentué momentanément le phénomène.

Le choix du mode d’action un peu « sensationnaliste » et la date posent questions. Quelle était la motivation réelle du député ?

Un indice : l’édition de Douai de La Voix du Nord du 31 juillet 2018 titrait : « Le territoire peut-il surfer sur l’hydrogène ? » Deux éminents spécialistes (MM Bruneel et Michon) y faisait de la science-fiction. (cf. billet « Cumul de Nimbus dans le Douaisis »)

Alors, coup de pub personnel pour occuper une actualité estivale qui se met un peu en sommeil ?

Je suggère au député Bruneel de renouveler son expérience et d’en étendre le champ afin de pouvoir témoigner, en les ayant vécues, d’autres situations également préoccupantes. Par exemple, lors d’une grève SNCF en été, de monter à bord d’un des rares TER qui desservent Lille et de pouvoir raconter in vivo la promiscuité et la chaleur étouffante subies par les usagers-otages… Avec un peu de chance, des grévistes envahiront la gare de Lille, forçant la totalité des prisonniers des trains (dont le sien) à rester coincé en pleine voie plus d’une heure !

 &&&&&&&&&&

Plus léger : courrier des lecteurs de La Voix du Nord du 1er juillet.

A propos de la pénurie d’eau constatée dans le Valenciennois la semaine dernière et des efforts de restriction de consommation demandé par les autorités, un certain PB a envoyé le message suivant : « Je paye assez cher mes factures d’eau pour ne pas me restreindre. Je viens de vider et remplir ma piscine et, tous les soirs mon arrosage automatique fonctionne de 20h à 23h30. En aucun cas je n’arrêterai, et surtout pas au prix que nous payons. On paye nos factures mais on nous interdit d’utiliser l’eau ! Est-ce qu’à l’Elysée, ils s’empêchent d’arroser les fleurs ? »

On reste pantois devant l’impudence de cette déclaration.

On comprend que ce lecteur aisé (voire très aisé) puisqu’il possède piscine et arrosage automatique de sa pelouse a un besoin vital d’eau. Peut-être que son cerveau de poisson rouge exacerbe son besoin de milieu aqueux ?

Cette mentalité de « gros beauf’ » est indécente alors que le climat devient fou et que les gros problèmes (dont les pénuries d’eau potable) sont devant nous. Sans doute ne paie-t-il pas encore assez cher l’eau ? Un des projets sur la table est d’instaurer une progressivité du prix du mètre cube en fonction de la surconsommation par rapport à une moyenne. Le litre d’eau servant au bain de bébé ou à la cuisson des nouilles doit-il avoir forcément le même prix que le litre d’eau servant à arroser automatiquement le gazon ou remplir la piscine ? La question est pertinente.

Si le besoin d’estime de cet individu à bas QI mais gros moyens est assouvi proportionnellement au montant de ses factures, je lui suggère de remplir sa piscine avec de l’eau minérale gazeuse : ce serait très chic et très onéreux.