« L’acte XVIII » (numérotation adoptée par les Gilets jaunes eux-mêmes pour annoncer de bien piètres moments de théâtre) s’est déroulé le samedi 16 mars et a surtout été marqué par le saccage de plus de 100 boutiques sur les Champs Elysées.

Des journalistes du journal Le Monde étaient présents auprès des « manifestants» qui assistaient sans broncher aux casses et pillages et ils ont livré des témoignages de ceux-ci sur leur site internet. Ils sont édifiants ! Petits florilèges :

-       « Je suis contre la violence, mais la violence d’Etat me donne la rage », raconte une manifestante. « Et puis, il n’y a que comme cela que les médias et Macron nous entendent », croit un autre.

-       « Ça fait dix-huit semaines qu’ils ne nous écoutent pas !, explique John, un animateur de 28 ans qui a fait la route depuis Nancy. Les black blocs avant ils faisaient peur à tout le monde, maintenant on trouve que c’est un plus. C’est eux qui font avancer les choses, nous, on est trop pacifistes. »

-       . « On a pris conscience qu’il n’y a que quand ça casse qu’on est entendu… Et encore même quand on casse tout on ne nous entend pas », assure Johnny, 37 ans, directeur de centre de loisirs dans les Ardennes.

-       « Cette fois on ne pourra pas dire que le mouvement s’essouffle », se félicite Martine, 60 ans, cadre de santé à l’hôpital venue de Toulon. « A un moment donné il faut s’exprimer un peu plus fort, ça fait quatre mois qu’on a commencé et on est au même point », ajoute Robert, son mari.

-       Jennifer, 39 ans, cariste venue de Rouen et mère de deux enfants. Quand j’ai vu casser le Fouquet’s, ce symbole de l’oligarchie, je ne dis pas que j’étais satisfaite mais je ne suis plus contre. » [note : nombre de salariés du Fouquet’s et futurs chômeurs : 365  (source CGT Commerce et services de Paris  / nov 2015)]

-       Cette factrice venue de Toulouse est plus directe encore : « C’est génial que ça casse, parce que la bourgeoisie est tellement à l’abri dans sa bulle, qu’il faut qu’elle ait peur physiquement, pour sa sécurité, pour qu’ils lâchent. Après j’aurais été contente qu’on n’ait pas besoin de ça pour obtenir le RIC [Référendum d’initiative citoyenne] et le reste mais ça ne marche pas ».

Quelques slogans particulièrement stupides ont également été tagués tel celui-ci sur la vitrine vandalisée de la boutique, pillée, de vêtements Hugo Boss : « On prélève l’ISF à la source ! »... Monsieur Boss était assujetti à l’ISF ? Les percepteurs travaillent le samedi vêtus d’un gilet jaune ?

Il est effarant de constater que les Gilets jaunes jusqu’au-boutistes qui ont livré leurs opinions et qui légitiment saccages et pillages des magasins semblent avoir une situation, parfois de bon niveau, et les revenus qui vont avec. On est donc bien loin des revendications initiales de nature sociale et fiscale : cela ressemble plus maintenant à des revendications politiques, portées par des militants extrémistes.

Un article intitulé "Jusqu'où êtes-vous prêts à aller ?" Le drôle de questionnaire envoyé aux Black Blocs par des "gilets jaunes", paru sur le site du nouvelobs.com le 18 mars permet de comprendre certaines clés.

C’est un drôle de questionnaire, envoyé aux Black Blocs, début février, par  Priscillia Ludosky et Faouzi Lellouche au nom des "gilets jaunes". Ce dernier nous explique :

""Nous avons été approchés par des émissaires Black Blocs à la suite des manifestations que nous avions organisées. Et cela pour nous faire savoir que nous n’étions pas visés (nous les 'gilets jaunes') et qu’ils n’avaient rien contre nous, et plus encore, qu’ils défendaient nos revendications.

Les deux compères ont donc posé 8 questions aux Black Blocs dont : que représentez-vous ? Quels sont vos méthodes ? Quelles sont vos revendications ?

Les réponses sont édifiantes :

-       Premièrement le "Nous, Gilet Jaune" et le "Vous" n’existe pas. Commençons sur de bonnes bases. Aucune opposition n’est possible car nous sommes inséparables. De ce principe, notre présence et notre but sont les mêmes que pour tout bon GJ : se battre contre ce système corrompu créant de l’injustice sociale, économique de plus en plus flagrante.

-       Nos méthodes d’actions ? Comment rester pacifique face à la violence policière ? Certains GJ ont donc décidé de ne pas se laisser faire. La vraie violence se situe devant nos yeux dans les rues où des gens meurent et mangent dans les poubelles. La vraie violence c'est celle de cet État qui tient des milliers de personnes dans un état de survie, où travailler n'est qu'un moyen de ne pas couler complètement, et même comme cela les gens honnêtes ne parviennent pas à ne pas finir en surendettement.

Donc la méthode est la même qu'en mai 1968 ou autre grand mouvement social français ultérieur ayant abouti à des résultats. Quand les plus faibles ne peuvent répondre aux attaques des forces de l'ordre, les plus déterminés font face, renvoient des lacrymogènes, barricades et autres moyens de retranchement, mettent en sureté les plus vulnérables dès les premiers assauts des forces de l'ordre.

Ensuite cela devient, à bon entendeur, "oeil pour oeil". Les "casseurs" d'aujourd'hui seront les héros de demain. Nous sommes prêts à aller jusqu’où la manifestation ou le soulèvement nous portera. C'est l'Etat qui a les clés en main. Plus la répression est forte plus la résistance sera tenace (ceci ne se fera jamais sans le soutien de la masse).

- Ce que nous revendiquons : - La remise en place de la séparation des pouvoirs selon notre constitution. (Gouvernement imposteur) - Le RIC - Les retraites décentes - Combat de la finance - La Justice sociale et fiscale (puisqu’une poignée d'êtres humains possède plus que les ¾ de la population générale) - La justice pour tous Et bien sûr, la destitution du gouvernement et dissolution de l'assemblée. Nous sommes tous GJ et aspirons aux mêmes buts. Le black bloc en est juste une conséquence et non une cause.

 

Les masques tombent : il ne s’agit plus de revendications de pouvoir d’achat ou de justice fiscale mais d’un mouvement insurrectionnel visant à renverser un régime, en l’occurrence NOTRE REPUBLIQUE.

 

Quand on constate l’impossibilité des Gilets jaunes à se structurer, à faire émerger des leaders (autres que quelques « grandes gueules » autoproclamées qui se grisent de leurs rodomontades et se prennent pour des nouveaux messies), à bâtir et énoncer une doctrine un tant soit peu construite,… l’objectif de détruire nos institutions pour les remplacer par tout et son contraire, mais à leurs mains, ne peut que faire frémir. Souvenons-nous du Vénézuela, riche Etat pétrolier dont le peuple crève de faim après 20 ans de Chavez et Maduro, pourtant pétris de grandes intentions humanistes et se gargarisant de réthorique et slogans populistes (n'est-ce-pas Jean-Luc Mélenchon.).

 

Combien sont-ils ces Black-Yellow Blocs ? Quelques dizaines de milliers ? Il faut comparer aux plus de 18 millions de voix qui se sont portées sur les trois candidats des partis républicains de gauche, du centre et de droite au premier tour de la présidentielle de 2017 auxquelles on peut ajouter presque autant de voix dévolues aux candidats d’extrême droite et d’extrême gauche qui jouent le jeu de la conquête du pouvoir par les élections et ne sont pas, a–priori, séditieux.

Les actes des Gilets jaunes le samedi deviennent maintenant des émeutes insurrectionnelles visant à abattre le régime (notre démocratie) pour le remplacer par on ne sait quoi. Les Gilets jaunes de bonne foi, s’il en reste, doivent prendre conscience de cela et cesser de prétendre que ce sont des actes isolés d’étrangers essayant de dénigrer leur mouvement. C’est ça maintenant LEUR mouvement ! Ils sont complices.

 

Pour rester sur les dérives anarchisantes des « Black-Yellow Blocs-Jackets » mais terminer néanmoins sur notre beau village de Flines, le « droit d’expression de la liste majoritaire : Agir et continuer ensemble » du dernier Flines’Info appelle un sérieux commentaire.

 

Les déclarations de cette liste, emmenée par Mme Goupil, mairesse de Flines, sont très politiques voire dogmatiques (Cf. billet « Cérémonie des vœux 2019 »), essentiellement nationales et… assez déconnectées de la réalité.

En effet, le grand débat national voulu par le Président a été un succès : plus de 1,4 million de contributions et plus de 10 000 réunions publiques, dont une à Flines organisée par les Amis du Rassemblement Flinois. (Cf. billet « Scoop sur un non-événement »)

Les perspectives économiques 2019 pour la France sont supérieures à celles de l’Union Européenne et très supérieures même à celles de nos voisins allemands. (Les Echos du 20 mars).

De même, 2 millions de salariés ont bénéficiés de la prime défiscalisée exceptionnelle (449 € en moyenne) accordée en réponse aux demandes des Gilets jaunes. (Les Echos du 20 mars).

Par contre, la dernière phrase énoncée pose question.

Il est écrit : « …/… Ces colères, Monsieur le Président, ces colères des victimes de la raréfaction des services publics, du chômage, des salaires et de pensions toujours plus faibles et menacées dans leur quotidien par l’augmentation continue du coût de la vie, ces colères, il faudra les entendre car il s’est forgé, avec ce mouvement social une expérience civique nouvelle qui peut être riche du meilleur ou lourde du pire. »

 

A minima l’auteur(e) de ces lignes devrait s’expliquer et clarifier ses propos :

-       Légitime-t-il (elle) les violences et le saccage de plus de 100 établissements commerciaux des Champs Elysées ?

-       Sous-entend-il (elle) que le renversement par une minorité violente et radicalisée des institutions de notre République est une issue envisageable pour les colères évoquées ?

-       Est-ce cette occurrence qualifiée « de lourde du pire » qui est appelée par l’auteur(e) de ces lignes ?

 

Les Flinois aimeraient sans doute savoir clairement qu’elle est la position des élus de la liste majoritaire à l’heure où des factieux menacent nos institutions.