Facebook est un réseau social, créé par Mark Zuckerberg en 2004. Ce réseau compte maintenant plus de deux milliards d’utilisateurs réguliers. L’usage est gratuit, ce qui n’empêche pas M. Zuckerberg qui possède 24% des actions, d’être multimilliardaire, en dollars, à 34 ans !

Comment fait-il pour générer « ce pognon de dingue » avec un « truc gratos » ? Un adage du web dit : «  Quand c’est gratuit, c’est vous le produit ! »

Tout simplement en collectant vos données personnelles (contacts, informations et pages « likées », recherches, listes des « amis »,  fréquence de connections, etc.) qui aident à cerner vos goûts, inclinations, opinions, désirs, intérêts, etc. Ces informations agrégées permettent de construire et actualiser en continu votre profil afin de garantir aux publicitaires que celles de leurs annonces susceptibles de vous intéresser seront ciblées en priorité sur votre écran. Chaque publicitaire est conscient que la moitié des dépenses qu’il effectue est inutile, mais il ne sait pas laquelle… Les profils fabriqués avec les données de Facebook accroissent notablement le rendement des dépenses publicitaires et il devient rentable de payer plus cher le droit d’utiliser Facebook pour de la « réclame » Les profils font les profits !

On comprend que Facebook a un intérêt vital à vous faire cliquer au maximum sur des propositions, ce qui affine votre profil et fait prendre de la valeur aux données stockées. Les profils font les profits !

Pour maximiser le « nombre de clic », Facebook vient de « modifier son algorithme ».

Qu’est-ce que cela signifie ? Selon Wikipédia : un algorithme est une suite finie et non ambiguë d’opérations ou d'instructions permettant de résoudre un problème ou d'obtenir un résultat

Le résultat que souhaite Facebook est de vous fidéliser, de vous retenir en ligne et de vous faire interagir au maximum sur ce que vous voyez sur votre écran.

Selon un article paru dans Ouest France : « Mark Zuckerberg l’exprime clairement : l’objectif de ce changement est de « montrer au public moins de contenus en provenance des marques et des médias ». Concrètement, Facebook modifiera sa façon de présenter les contenus à ses utilisateurs, ce qui se traduit de trois manières selon le chercheur Greg Piechota.

La priorité sera redonnée aux contenus des amis et de la famille, dont la visibilité s’est étiolée à cause des contenus publics. L’entreprise cherche aussi à initier davantage l’utilisation des groupes, sorte de micro-communautés où les utilisateurs peuvent publier des contenus et créer des discussions autour de ceux-ci. Enfin, les contenus qui génèrent des conversations entre utilisateurs seront mis en avant.

Côté utilisateurs, le fil d’actualité sera davantage centré sur ce que souhaitent voir les utilisateurs, plutôt qu’aux contenus qui suscitent le plus d’interactions. Une démarche qui selon Greg Piechota vise à rapprocher les utilisateurs : ils seront plus exposés à des contenus qui les intéressent et qui sont susceptibles de les faire interagir »

Cela pose-t-il un problème et si oui, lequel ?

Constat : Facebook est très facile d’utilisation ; Facebook se révèle au fil du temps être un outil très populaire pour organiser des événements  et fédérer ; le nouvel algorithme de Facebook pousse à créer des communautés différenciées.

Sans polémiquer sur le bien-fondé réel ou supposé des problématiques évoquées, il faut pointer quelques éléments factuels.

Bien sûr, que les tenants du concept « La Terre est Plate », auto entretiennent leur délire n’est pas très dangereux pour la Société.

Par contre, le récent mouvement des Gilets Jaunes a démarré par des pétitions en lignes, relayées par quelques pages Facebook. Ces pages ont fait tache d’huile et de plus en plus de personnes les ont consultées, « likées » et en sont devenues « amis ». Une communauté de faits a été créée ; l’algorithme de Facebook a identifié la thématique et a abreuvée la communauté de manière préférentielle de contenus « likés » par les autres Gilets Jaunes.

Mots d’ordres, menaces envers les autorités, « fake news », rumeurs, approximations, informations parcellaires ou tronquées, hypothèses complotistes,… ont ainsi tourné en boucle dans la communauté des Gilets Jaunes, attisant la haine et la colère. Les Gilets Jaunes, encouragés par certains « pseudo leaders » irresponsables avaient ainsi décrété que tous les médias mentaient ou étaient manipulés et que la Vérité était seulement sur Facebook !

Petit glossaire permettant de mieux comprendre la suite.

Apartheid (mot afrikaans signifiant « séparation, mise à part ») était une politique dite de « développement séparé » Elle se traduisait notamment par des dispositions conduisant des groupes d’individus à utiliser des équipements et des services dédiés, interdits aux autres groupes d’individus.

Tumeur maligne  ou cancer : désigne une augmentation de volume d'un tissu sans précision de cause. Les tumeurs malignes sont à croissance rapide et invasive. En plus d'attaquer les tissus environnants, elles produisent des tumeurs filles (métastases) qui se propagent.

Facebook est une entreprise privée et peut définir sa stratégie marketing comme elle l’entend afin de maximiser ses profits.

La cupidité de ses dirigeants (ils utilisent tous les stratagèmes pour minimiser les impôts et taxes à payer dans les pays où Facebook opère) pose maintenant un problème à nos démocraties.

Facebook a servi d’amplificateur passif (mais non désintéressé) pour envenimer chez nous, au-delà du raisonnable, un mouvement revendicatif (fondé ou pas, là n’est pas la question)

On pourrait illustrer un processus de la manière suivante. Les pages des Gilets Jaunes les plus extrémistes, ont soudainement vu le nombre de  leurs « amis » gonfler (tumeur maligne). L’algorithme de Facebook a forcé leurs mise en réseau, propageant les messages communautaires dont certains toxiques (métastases), renforçant le sentiment d’appartenance des connectés et les confortant dans le bien fondé de leurs arguments, au point de ne plus vouloir entendre ou visionner autre chose et de se retrancher de la communauté nationale (apartheid volontaire).

Les questions réductrices des sondeurs ont également  contribué à embrouiller les choses. Amalgamant le nombre de ceux « soutenant » à ceux « ayant de la sympathie », les instituts de sondage ont conclu à un soutien massif de l’Opinion Publique. On peut avoir de l’empathie pour ceux dont les fins de mois sont difficiles et déplorer l’injustice sociale sans soutenir les blocages et les entraves : nuance ! Sur le concept de fin de mois difficile, il n’est pas interdit de se poser des questions. Ainsi dans la Voix du Nord, un Gilet Jaune sur un rond-point déclarait « Avoir été directeur commercial pendant 40 ans et toucher 800 € de retraite » A priori, on  se dit « C’est, anormal » et on comprend sa colère. En réfléchissant un peu et sachant que la pension est liée au nombre d’années cotisées ainsi qu’aux montants ayant servi de base aux cotisations, la faiblesse de la pension incite à se demander si l’ancien commercial a bien cotisé toutes ses années, a travaillé au noir ou n’a pas déclaré la totalité de ses gains ? Il faut se méfier des déclarations brutes des gens et les contextualiser.

Ce qu’il faut retenir, à mon sens.

Facebook commence à représenter un problème pour la Démocratie.

Le scandale « Cambridge Analytica » : moyennant finances, ce cabinet d’influence politique a aspiré des données Facebook pour avantager le camp Trump lors de l’élection présidentielle américaine en ciblant des fausses informations dissuasives à des électeurs démocrates potentiels. Facebook est mis en cause et son actionnaire de référence a dû s’en expliquer devant le Congrès des USA. Le problème de l’influence du réseau social sur la vie démocratique est une réalité.

Ce réseau social favorise, par pur mercantilisme et en toute irresponsabilité,  la constitution de communautés incontrôlables dont certaines peuvent s’avérer radicales dans leurs revendications et proliférer comme des tumeurs malignes, avec le même risque que leurs homologues médicales : la mort du corps social.

Il serait temps de mettre un peu d’ordre dans les responsabilités des réseaux sociaux et les désordres …sociaux qu’ils occasionnent.

Les GAFA (le « F » est pour Facebook) font un maximum de profits en utilisant les failles des lois fiscales pour ne pas payer leur juste part d’impôts. C’est intolérable et les calculs de boutiquiers des dirigeants des Pays Européens qui en profitent au détriment des autres sont à courte vue. Les citoyens européens se détournent petit à petit de la construction européenne, écœurés par ce genre de manœuvre. Quand il n’y aura plus d’UE, il n’y aura plus de petits calculs sur le dos du voisin : ce sera chacun pour soi, les plus gros mangeant les plus petits.

Les institutions françaises fonctionnent mais sont évidemment perfectibles. Il faut accepter ce fonctionnement et laisser le temps aux élus de dérouler (ou pas) leur programme. Après 18 mois, qu’une infime minorité agissante et violente se sente légitime à menacer de mort le président élu ou à réclamer son départ est inacceptable. Quelle que soit la personnalité élue, la cote de satisfaction plonge toujours après la première année d’exercice du pouvoir. Faut-il prévoir un mandat présidentiel de 12 mois pour faire semblant de satisfaire tout le monde ?