Dans un articulet en page régionale du 13 août 2018, la Voix du Nord titre : « Après le mouvement de grève à la SNCF, les sanctions tombent pour les cheminots ».

On y apprend que des cheminots grévistes sont convoqués, qui au commissariat de police qui à la direction régionale de la SNCF, pour s’expliquer pour des actions qui ont eu lieu durant la grève entre le 3 avril et le 28 juin contre la réforme ferroviaire.

Selon les syndicats (et c’est confirmé par l’intéressée, sans préciser les chiffres) la Direction de la SNCF aurait porté plainte contre plusieurs dizaine de grévistes dans le Nord-Pas-de-Calais.

Le secrétaire général de la CFDT Cheminots précise que c’est majoritairement pour des cas d’entrave à des départs de trains, mais aussi pour quelques exactions ou dégradation de matériel. SUD Rail reconnaît « qu’il y a eu des exactions très graves… mais les responsables n’ont pas été trouvé »

Rappel : toutes ces actions sont illégales et n'ont rien à voir avec l'exercice légitime du droit de grève. Les sanctions prononcées par les conseils de discipline peuvent aller de quelques jours de mise à pied à la radiation dans les cas extrêmes.

L’unité syndicale se reforme pour « trouver ça démesuré pour des obstructions au départ des trains. C’est excessif et rancunier. Il y a de la revanche dans l’air »

En tant qu’usager des TER, (Cf. billet « Les bornes ont-elles des limites » du 27 avril 2018) je m’étais déjà exprimé au sujet des rares trains circulant les jours de grève, bloqués au départ ou avant le terminus. L’exaspération des usagers et la dégradation d’image sont avérées.

J’ajouterai juste un commentaire chiffré permettant de mettre en perspective l’opinion des syndicalistes qui trouvent disproportionné la gravité de la sanction potentielle (mise à pied) par rapport à la bénignité (selon eux) d’un retard d'une heure ou plus infligé à des voyageurs tentant de se rendre au travail.

Une rame voyageurs capacitaire bondée transporte aux alentours de 700 personnes.

Le salaire horaire médian français (charges comprises) est de l’ordre de 19,5€.

Un train bloqué qui arrive à destination avec une heure de retard occasionne donc un manque à gagner supplémentaire de l'ordre de 13 500 € à l’économie, rien qu’en valorisant les salaires, sans chiffrer les pertes de marges des employeurs.

Quand on bloque l’accès de la gare de Lille comme le 19 avril on multiplie cette somme par le nombre de trains à l'arrêt forcé sur tout le réseau, soit sans doute plus d’une vingtaine de rames… Préjudice évalué à plus de 270 000 €.

Vous avez dit démesuré ?