Dans un précédent billet, intitulé « Pourvu que la mine d’or  dure… » j’avais mis en exergue le fait que les finances municipales semblaient retrouver pour 2018 un petit bol d’air, mais pas très pérenne, dépendant largement de décisions redistributives de la CAD  et donnant un peu le sentiment que la commune « était sous perfusion financière »

Un psychodrame a été évité de peu au conseil communautaire de la CAD de vendredi 30 mars, si on en croit la Voix du Nord du dimanche 1er avril : un maire a fait de la résistance et a voté contre une délibération qui requérait l’unanimité. Les finances de la CAD étant largement excédentaires, le président Poiret proposait de redistribuer la part purement CAD (1,677 M€) du Fonds de péréquation intercommunal et communal (FPIC) aux 35 communes. Le maire de Raimbeaucourt, contestant la clé de répartition proposée par le président, inéquitable selon lui, souhaitait un débat sur le fond et avait choisi l’obstruction afin de l’obtenir.

Finalement le président de la CAD a déjoué la manœuvre et fait voter la transformation du montant de la part CAD du FPIC en « dotation de solidarité », vote acquis à la majorité simple.

Flines peut respirer : les 70 000 € promis ont été sauvés par le gong !

Hélas, le bonheur aura été de courte durée !

Les Amis du Rassemblement Flinois ont distribué en milieu de semaine, en toutes-boîtes, une compilation des Comptes Administratifs établis par le Comptable des Finances Publiques et votés en Conseil Municipal.

Pour apprécier le sel de ce qui va suivre, il faut se remémorer les paroles de Mme la maire lors de sa cérémonie des vœux 2018 (La Voix du Nord du 23 janvier) : « A ces détracteurs qui relaient de fausses informations –on appelle cela maintenant des « fake news », j’appelle cela des âneries ! – à tous ces dénigreurs, je leur rappelle que les comptes sont publics et que le comptable public est à leur disposition pour leur apprendre à compter ! »

Mme la maire avait d’ailleurs renchéri dans L’Observateur du Douaisis du 1er février à propos de déclarations de Jean-Michel Zabinski et Christian Coulon : « J’en ai marre de cette escalade. Si ça continue je vais porter plainte pour diffamation ! », « Qu’ils arrêtent de diffuser de fausses informations, … », « …s’ils ne savent pas lire les chiffres des documents officiels, ce n’est pas de ma faute ! »

Le ton étant plutôt venimeux, les Amis du Rassemblement Flinois ont pris la précaution d’indiquer dans leur tract : « Nous déplorons l’escalade injurieuse à laquelle nous souhaitons mettre fin…nous ne répondrons plus aux attaques personnelles. »

Examinons maintenant les chiffres issus du travail du comptable public et compilés dans le tract.

Sur le budget, la reprise des chiffres publics indiquent qu’entre la fin de la mandature précédente et le compte administratif 2016, l’excédent de la section de fonctionnement a diminué de 230 000 € passant de 708 000 € à 472 000 €. Pour rappel, cet excédent correspond peu ou prou à l’Excédent brut d’exploitation de la comptabilité des entreprises. C’est un indicateur primaire de la capacité à dégager des ressources sur le fonctionnement et de pouvoir autofinancer une partie d’investissements. La baisse constatée à Flines est donc très inquiétante et la conclusion des Amis du Rassemblement Flinois juste : plus de possibilité d’envisager des projets d’investissement d’envergure à court moyen termes.

Les chiffres du comptable public réunis dans un graphique permettent de constater que l’excédent final de clôture (report cumulé au fil des années des excédents annuels) est passé de 980 331 € en 2010 à 69 239 € en 2016.

 Le bas de laine a fondu de 911 092 € en 7 ans. La commune a puisé dans ses réserves pour investir, ce qui est normal, mais la faiblesse du résultat annuel de la section de fonctionnement (qui vient abonder la section d’investissement) n’a permis de compenser que très partiellement les sorties. La commune a peut-être investi  au-dessus de ses moyens et a du mal à digérer ses investissements.

Cette impression est corroborée par l’accroissement de la dette. Selon le tableau figurant dans le tract, pour boucler le financement de ses réalisations la commune a dû emprunter (ce qui est normal aussi) mais sans doute à un rythme trop soutenu et ne retrouvera de la capacité d’emprunt qu’à compter de 2024, à l’échéance de prêts anciens qui s’éteindront.

Conclusion : les chiffres certifiés par le comptable public, mis en perspective sur plusieurs années, sont éloquents et montrent une nette et régulière dégradation.

Mme la maire déclarait dans L’Observateur du Douaisis du 26 janvier 2018 : « Non les caisses de la communes ne sont pas videsNos finances sont saines »...  Il faudrait lui demander de préciser sa définition de « Finances saines »,

Avoir des excédents de fonctionnement et de clôture en décroissance rapide et continue ne correspond pas à l’acception courante de « Finances saines »

Si par-là elle entend que la section de fonctionnement n’est pas en déficit, c’est un truisme : c’est interdit pas la loi !

Si par là elle entend que le comptable public certifie les comptes tous les ans  : c’est une obligation, qu’ils soient bons ou mauvais, tant qu’ils sont exacts et sincères.

Malgré le déni et le dénigrement systématique des détracteurs, la gestion financière de la commune de Flines vient de se faire rattraper par la patrouille, en l’espèce les chiffres des comptes administratifs certifiés par le Comptable des Finances Publiques et compilés par les  Amis du Rassemblement Flinois.

La maire de Flines va-t-elle mettre sa menace à exécution concernant les propagateurs de « fake news » et autres « âneries »  et déposer une plainte en diffamation contre ce pauvre Comptable des Finances Publiques ?