Lors de sa réunion du 26 février 2105, sous l’impulsion de l’adjoint chargé du Développement Durable,  le conseil municipal avait décidé de lancer en parallèle de la révision du Plan Local D’urbanisme, une démarche Agenda 21.

Pour mémoire, un Agenda 21 est un « plan d'action pour le 21ème siècle » adopté par 178 chefs d'État lors du sommet de la Terre à Rio en 1992. Avec ses 40 chapitres, ce plan d'actions décrit les secteurs où le développement durable doit s’appliquer dans le cadre des collectivités territoriales (dont les municipalités)  qui sont appelées, à mettre en place un programme d’Agenda 21 à leur échelle, intégrant les principes du développement durable, à partir d’un « mécanisme de consultation de la population »

Un Agenda 21 poursuit 5 finalités :

La lutte contre le changement climatique,

La préservation de la biodiversité, des milieux et des ressources,

La cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et les générations,

L’épanouissement des êtres humains,

Une dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables.

 Des groupes de travail réunissant à chaque fois une vingtaine de Flinois de tous horizons se sont réunis de la mi-2015 jusqu'à la moitié de 2016 et ont élaborés des propositions brutes. Celles-ci ont ensuite été travaillées au niveau des élus pour aboutir à un document finalisé fin décembre 2016.

 Le temps de gestation peut sembler un peu long, mais il faut noter que l’élu qui portait les travaux à toujours expliqué le caractère « artisanal » du projet flinois : élaborer un « vrai » document avec et pour les Flinois, contrairement à l’habitude qui consiste à recruter un bureau d’études spécialisé qui, moyennant de confortables honoraires, établi rapidement et de manière normative un document clé en main conforme aux dernières tendances et parfaitement orthodoxe. Ce genre de document satisfait l’égo des élus, est facilement valorisable par la communication municipale… mais généralement les habitants ne se l’approprient pas.

Un agenda 21 est un ensemble d’actions qui suit la dynamique d’amélioration continue connue sous le nom de « roue de Deming » : bâtir un programme d’actions ; les mettre en place ; vérifier les résultats, leur pertinence et leurs effets ; re-calibrer si nécessaire le programme initial en fonction des résultats obtenus.

Les travaux collectifs des Flinois ont débouchés sur plus de 70 propositions réparties dans les cinq finalités, avec autant d’indicateurs associés car, pour mesurer un impact, il faut définir les critères à surveiller.

L’Agenda 21 de Flines a été présenté et adopté en conseil municipal en mars 2017 et un comité de suivi mis en place qui comportait de manière paritaire autant d’élus que de Flinois.

Ce comité de suivi s’est réuni une première fois en octobre 2017.

Le large délai entre l’adoption de l’Agenda 21 et la désignation du comité de suivi au printemps pour une première réunion de ce comité à l’automne est déjà indicatif du degré d’attention consenti par la maire au dispositif.

Pour ne rien arranger, l’adjoint qui portait le dispositif a fait éclater au grand jour son désaccord avec la manière dont est gérée la commune en octobre puis en démissionnant avec fracas fin 2017.

Il était à craindre que tout l’engagement et le travail des Flinois ne finissent à la poubelle.

Heureuse surprise, Flin’infos n°60 de février 2018 consacre deux pages à l’Agenda 21.

Il faut noter d’abord la spectaculaire amélioration de la qualité du périodique de la mairie : enfin une pagination claire et attractive. Félicitations pour ces progrès notables et vœux pour que cela continue.

Que retenir de cette double page ?

Il ne reste qu’une trentaine de propositions. Il n’y a plus de pilotage puisqu’on annonce que ces préconisations sont issues d’une première réunion et qu’un appel est lancé pour une deuxième séance de recueil d’idées. Cela ressemble au mieux au lancement d’un deuxième round alors que le premier n’a pas été officiellement conclus, au pire à une opération de communication sans lendemain.

Quelques idées novatrices auraient mérité un meilleur sort :

-       Rédiger une charte de gestion des déchets avec et pour les associations organisant vide-greniers, braderies ou brocantes ;

-       Créer un verger pédagogique avec le Parc Naturel Scarpe Escaut

-       Favoriser la pratique du sport par toute la population et la développer chez les Aînés ;

-       Elaborer un code d’éco-responsabilité des agents communaux et des élus

-       Rédiger un guide de bonne conduite à l’usage des équipements mis à disposition des associations

Finalement, la lecture de Flin’infos laisse un goût mitigé : on y détecte un petit relent de « green washing », opération de communication qui consiste à « verdir » des pratiques anciennes pour tirer les bénéfices de l’engouement des Français pour des pratiques plus respectueuses de l’Environnement.

Dommage.