Flines compte cinq groupes scolaires qui scolarisent les enfants de la maternelle au collège : c’est un des atouts de notre commune.

La municipalité a toujours pris le parti d’offrir des services annexes à la scolarisation : des garderies fonctionnent, un centre aéré prend en charge les enfants le jour médian de la semaine où il n’y a pas classe et surtout un service de restauration accueille les enfants dont les parents travaillent et qui ne peuvent pas rentrer déjeuner.

Jusqu’il y a peu, la restauration scolaire était organisée de la manière suivante.

Les enfants de l’école St Michel déjeunaient à l’école St Michel ; l’école maternelle et l’école primaire du Cattelet bénéficiaient de la cantine de l’école Brossolette ; les collégiens déjeunaient au self du collège en compagnie des grands élèves de l’école primaire René Cassin. Enfin, les élèves de la maternelle Gérard Philippe et les petites classes de René Cassin étaient accueillis  à la salle d’œuvres municipale.

La situation  était satisfaisante pour les élèves de St Michel, du Cattelet et du collège.

En revanche, le sort des petits de la maternelle Gérard Philippe et de la primaire René Cassin pouvait être amélioré.

En parallèle, le personnel communal devant transformer chaque jour la salle des fêtes en salle de restauration en manutentionnant tables et chaises, un axe d’amélioration existait.

L’école maternelle Gérard Philippe étant vétuste et sa réhabilitation coûtant sensiblement le même prix que la construction d’une neuve, il fut décidé de créer un nouveau groupe scolaire englobant une école maternelle et un restaurant scolaire. Fini les transhumances quotidiennes pour les grands du primaire vers le self du collège et des petits du primaire et de la maternelle vers la salle des fêtes ; fini le bal des tables et des chaises.

Le projet était coûteux (plus de 3 millions d’Euros) et les promesses de subventions ne furent pas complétement tenues. Cela a certainement une incidence sur la capacité financière de la commune qui semble avoir  un peu de mal à digérer son investissement.

Le bel ensemble tout neuf comprenant une école maternelle et un restaurant scolaire a été mis en service et inauguré en grande pompe en mars 2016.

Hélas, le revers de la médaille est moins brillant : les parents d’élèves se plaignent que le tout nouveau restaurant scolaire Gérard Philippe est trop exigu.

Trois services sont nécessaires pour absorber le flux et des désagréments en découlent : d’après des mamans, des petits de la maternelle, plus lents, n’ont pas assez de temps pour déjeuner et parfois ne finissent pas leur portion. Il n’est pas rare non plus d’apercevoir les grands du troisième service finissant leurs desserts sur le trottoir en regagnant René Cassin.

Le problème a été identifié dès la mise en service du bâtiment, si on en croit le personnel de cantine : il a fallu très tôt mettre en place ce système de trois services enchaînés.

La question qui vient immédiatement aux lèvres des parents d’élèves contribuables et celle-ci : comment a-t-on pu construire à aussi grands frais un restaurant scolaire trop petit ?

Il est incompréhensible que la municipalité n’ait pas réagi quand elle a découvert le problème. Quelles peuvent être les raisons qui poussent un conseil municipal à rester sans réaction devant une telle situation  préjudiciable à sa commune ?

La crainte immédiatement sous-jacente est la suivante : la cantine étant déjà trop petite avec la population scolaire actuelle, que va-t-il va se passer pour les enfants qui vont être accueillis dans les logements sociaux que la commune doit construire d’ici 2022 ?

Il ne faudrait pas « feindre » de découvrir le problème dans quelques temps (après les élections de 2020 par exemple) et de le mettre sur le dos des Autorités qui ont contraint Flines à appliquer la loi. Le problème existe depuis 2016, avant la sortie de terre des LLS de la loi SRU !

Il semblerait pourtant que la maire de Flines minimise la question en évoquant le faible nombre d’enfants nouveaux apportés par l’occupation des logements sociaux récemment livrés rue du moulin (La voix du Nord du 16 février 2018). Il faudrait analyser finement la provenance de ces premiers locataires. S’ils étaient déjà Flinois avant d’emménager, leurs enfants étaient vraisemblablement déjà scolarisés sur Flines donc…

Bien sûr, on peut croiser les doigts et espérer très fort qu’il en sera de même pour les plus de 200 logements restant à construire… c’est une certaine conception de la prospective et de la stratégie.

En ce qui concerne l’inadéquation du restaurant scolaire Gérard Philippe à accueillir et faire déjeuner correctement tous les enfants, les causes pourraient être multiples : erreur de prévisions, erreur de conception, erreur d’exécution, erreur dans le contrôle du chantier…

La municipalité pourrait rendre public le cahier des charges initial et la comparaison avec ce qui a été exécuté. Il suffirait aussi de comparer les surfaces utiles (celles où les enfants s’attablent) des salles des restaurants Gérard Philippe et du Cattelet puis de les rapporter au nombre de repas à servir pour se faire une idée de l’origine du problème.

Si des erreurs ont été commises, il faut les identifier et déterminer les responsabilités.

Si c’est la municipalité qui s’est trompée dans ses prévisions… il faudra en tenir compte à l’heure du bilan !

Si ce sont les professionnels qui ont conçu, réalisé et contrôlé la construction qui se sont trompés, il serait normal que ce soient eux qui assument. Les architectes, les cabinets d’Assistance Maitrise d’Ouvrage, les Bureaux de contrôle et les entreprises de BTP ont tous, légalement, des assurances professionnelles pour couvrir les erreurs et les malfaçons, le cas échéant.

En l’état, ce restaurant partiellement inapte à sa destination a été officiellement réceptionné  et inauguré, ce qui doit sûrement éteindre les voies de recours,  et ce sont les contribuables Flinois qui devront assumer son inévitable agrandissement à court terme.