Rappel : la loi no 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain, couramment appelée loi SRU, comprend entre autres dispositions, un article 55 qui instaure l’obligation pour les communes de plus de 3 500 habitants d’avoir 20% de logements sociaux (LLS, nouveau nom des HLM) sur leur territoire.

Flines était exemptée d’appliquer l’article 55 de la loi SRU jusqu’au 30 décembre 2015 où un changement de législation vînt impacter directement la commune. Jusque-là, tout allait bien dans le meilleur des mondes : Flines avait environ 7% de ses logements en locatif social et s’en contentait.

La première question spontanée venue aux Flinois fût :« Pourquoi tant de haine de la part de l’Etat ? ».

La réponse se trouve dans l’actualité : « En 2016, quatre millions de personnes en France sont mal logées selon la Fondation Abbé-Pierre, et douze millions sont fragilisées par des difficultés liées à l'habitat (précarité énergétique, locataires en impayés de loyer, etc.) La part de revenus consacré par les ménages à leur logement, inférieur à 10 % dans les années 1960, dépasse 18 % en 2013 selon l’INSEE (cette proportion est proche des 30 % pour les locataires) » (source wikipédia)

La France connaît une nouvelle crise du logement et un effort de construction sans précédent est à faire. Parier sur un assouplissement à venir de la loi SRU serait une grave erreur !

La deuxième question qui doit venir à l’esprit est celle-ci : « Comment une municipalité se déclarant communiste (qui sera restée en place pendant presque un demi-siècle à la fin de ce mandat) a-t-elle pu construire aussi peu de logements sociaux pendant ses 7 premiers exercices ?

L’étiquette politique affichée et constamment revendiquée évoque le combat contre le grand capital et les riches pour la défense des petits et des humbles. Les logements locatifs sociaux (LLS) abritent plutôt les seconds que les premiers. Alors, simple coup de marketing électoral ? Schizophrénie politique ?

La réponse serait à demander aux élus qui se sont succédés à la tête de la municipalité mais le résultat apparent de leur politique de l’habitat depuis 47 ans ne peut être jugé que… paradoxal.

« Est-ce que le déficit en LLS est grave, docteur ? »

Outre qu’il occasionne des pénalités financières et fait courir le risque de la prise d’un arrêté de carence par le préfet qui autoriserait celui-ci à réquisitionner des terrains communaux pour bâtir des LLS, une autre réalité est à prendre en compte.

-       Selon les sources démographiques, la population de Flines vieillit (40% de la population avait moins de 30 ans en 1999 alors que les moins de 30 ans ne représentent plus que 36% de la population en 2013)… mais plus vite que le reste de la CAD, l’arrondissement et le département du Nord.

-       La majorité des logements sont des maisons individuelles, occupées surtout par leurs propriétaires (79%) et depuis plus de 10 ans (60%) voire 30 ans (25%). Environ 500 logements seulement sont offerts à la location sur la commune dont un tiers de logements sociaux.

-       Le prix du foncier à bâtir a été multiplié par près de 4 en 20 ans.

Des trois constats ci-dessus on déduit qu’il y a très peu de mobilité des habitants parce qu’on vit bien à Flines, que l’offre locative est insuffisante et que les prix de l’immobilier (bâti ou à bâtir) sont excessifs pour les jeunes ménages qui débutent dans la vie active.

Hors ce sont les jeunes et les enfants qui emplissent les classes des écoles et du collège et qui fournissent le gros des adhérents de nos associations sportives. Ce sont les jeunes adultes qui peuvent animer les associations et fournir le l’entraide à des voisins plus âgés.

De même, certains propriétaires-occupants depuis plus de trente ans ont certainement vu leurs enfants partir et fonder leurs propres foyers. Ils se retrouvent avec une maison trop grande, souvent avec du terrain, tous deux difficiles et coûteux à entretenir. Beaucoup sont retraités et leurs revenus ont sensiblement baissé. Il existe une demande d’Aînés qui troqueraient volontiers leur grande et coûteuse maison contre un appartement ou un pavillon plus petit et demandant beaucoup moins d’attention… mais situé à Flines. Ces mutations remettraient sur le marché des maisons à rafraîchir et feraient peut être le bonheur d’occupants de LLS heureux d’être à Flines et dont la situation leur permet maintenant de devenir propriétaire.

NB. Les critères de revenus permettent à environ 70% des Français de prétendre à un logement social, et c’est d’autant plus vrai pour les jeunes ménages avec enfants et les retraités.

Conclusions

Il manque cruellement de logements à la location sur Flines. Ne pas en construire serait une faute politique grave. Ce qu’il faut entendre et retenir en priorité dans « Logement locatif social » est : « Logement locatif ».

L’obligation découlant de la loi SRU doit être relativisée comme une opportunité de corriger les déséquilibres démographiques de Flines.

Prochain billet : le projet de réhabilitation du couvent